Quatre jours après l'élimination de son équipe en quarts contre
Poitiers, Gabriel Denys dresse le bilan de sa première saison à la tête
du BOUC. Et les points à renforcer pour la prochaine.
Gabriel Denys, votre première saison beauvaisienne s'est achevée samedi. Comment la jugez-vous après quelques jours de recul ?
J'ai été bien intégré. J'ai trouvé un club structuré qui m'a donné les
meilleures conditions pour réussir. Le début de saison a été délicat :
l'équipe était à reconstruire. Il a fallu un temps d'adaptation et le
calendrier ne nous a pas aidés avec beaucoup de grosses équipes dès le
départ. Mais on est montés en puissance tout au long de la saison
jusqu'à obtenir la cinquième place. Il a fallu cravacher pour rentrer
dans le Top 8. Une fois que nous l'avons fait, nous n'en sommes plus
sortis. Et nous n'avons jamais fait de grosse contre-performance. Nous
sommes une des seules équipes à n'avoir jamais perdu contre un mal
classé.
Mais vous n'avez aussi jamais battu un des quatre premiers...
On perd à chaque fois 3-2. C'est que nous n'en avons jamais été
loin. C'est le plus frustrant. Peut-être que nous avons payé le fait de
jouer les gros tôt dans la saison. J'ai pourtant eu parfois le
sentiment que nous avions ces matches en main. Contre Cannes et
Poitiers, par exemple, on mène 2-0 et on ne fait pas la différence.
Cela se joue sur des détails.
Les mêmes détails que vous invoquiez samedi après l'élimination au tie-break contre Poitiers ?
Ce match est symptomatique de la saison : même sans Bartik, il ne
nous a pas manqué grand-chose. Comme il ne nous a pas manqué
grand-chose pour être mieux classés.
Sur quoi devez-vous améliorer l'équipe pour la saison prochaine ?
On devra prendre nos automatismes plus vite car on a vu cette année
que le championnat part vite. Et stabiliser certains secteurs, comme le
service, où nous n'avons pas été assez agressifs. Offensivement, Bartik
a été très sollicité. Il faut pouvoir le décharger un peu.
C'était pourtant déjà le cas la saison dernière...
Je ne m'y attendais pas forcément. Moi aussi, j'arrivais à Beauvais.
J'ai vu assez vite que certaines choses revenaient souvent dans notre
jeu offensif. On s'y est adapté mais c'est un domaine à améliorer.
Vers quel genre de recrutement vous dirigez-vous ?
On doit se voir avec le président Thiebaut pour en discuter. Je n'ai
pas à décider seul. On le fait ensemble et on ne dira rien tant que ce
ne sera pas signé. Après, on ne peut pas empêcher les rumeurs. On
laisse donc parler les gens et on fait notre travail.
Avec la certitude de devoir chercher un passeur puisque Nuno Pinheiro a annoncé son départ...
On le savait mais il n'était pas nécessaire d'en parler. Lui l'a fait sans que cela ait d'incidence sur nos play-offs.
Avec un début de saison délicat et un groupe renouvelé, l'entente a-t-elle toujours été bonne dans l'équipe ?
Oui. Cela s'est vu au dernier match où toute l'équipe a été soudée.
Après, chacun traverse forcément des moments de fatigue ou de
saturation. Mais je ne l'ai pas trop ressenti.
Vous semblez éprouver plus de frustration que de regrets sur le déroulement de la saison...
Quand on termine une saison, il y a forcément des regrets, à moins
d'être champion. Mais ces regrets sont minimisés par le fait que tout
le monde a donné son maximum. Ma frustration principale, c'est de
n'avoir pas toujours pu lutter avec toutes nos armes : on perd en quart
de finale de la Coupe contre Montpellier puis en championnat contre
Poitiers sans Bartik. On aurait aussi pu acquérir plus de confiance en
accrochant deux ou trois matches serrés de plus. Mais une saison n'est
jamais parfaite.
Propos recueillis par RAPHAEL NAPPEY
LM/220410/22H30