Menés deux sets à un, les Poitevins ont renversé la situation à leur avantage grâce à coaching audacieux de Lecat. Ça ne pouvait pas plus mal commencer pour Beauvais. Pour
affronter Poitiers, l'équipe picarde devrait se passer de son fer de
lance Pavel Bartik victime d'un gros accès de fièvre. Un forfait de
dernière minute susceptible d'ouvrir un véritable boulevard aux hommes
de Lecat.
Pourtant, tout recommençait comme trois jours plus tôt
avec deux formations proches l'une de l'autre (6-6). Les Poitevins
tardaient un peu à se régler au service mais lorsque c'était fait,
l'étau se resserrait vite. Au contre, Rouzier signait un premier break
(7-9), avantage aisément confirmé grâce à une réception taille patron.
Poitiers efficace creusait l'écart (16-21) mais voyait ses efforts
bêtement réduits à néant (19-21). Ça tanguait encore. Heureusement,
Boula plaçait un contre libérateur. C'était reparti (21-25).
Le
début de la deuxième manche était pleine de promesses pour des
Poitevins souverains au block (2-5). Le BOUC s'accrochait néanmoins.
Petit à petit, il trouvait les solutions au contre et se procurait de
plus en plus de ballons de relance. Juricic portait son équipe aux
commandes pour la toute première fois (17-16). Poitiers débordé sauvait
trois balles de set (24-24) mais finissait par céder (28-26).
Il
venait de se produire un retournement inquiétant dans ce set. Beauvais
allait-il parvenir à tailler de nouvelles croupières aux Poitevins ? La
réponse fusait sous forme d'une rafale de contres (7-2). Face à ce BOUC
euphorique propulsé par un Lacassie de feu, les coéquipiers de Kieffer
n'en menaient plus large du tout. Ils avaient beau s'escrimer à écoper,
ils ne comblaient pas leur retard (17-14). Dans un ultime sursaut, ils
effaçaient deux balles de set mais Nommasalu concrétisait la troisième
(25-23). Dès les premiers échanges du quatrième acte, ça ne
s'arrangeait pas. Lotman se heurtait pour la énième fois au block
tandis que Pinheiro sortait un ace (4-1). Il y avait du KO dans l'air.
Lecat envoyait Marechal et Rouzier se ressourcer sur le banc (12-10).
Avec Alpha, Zopie et Frangolaccci sur le terrain, Poitiers livrait une
résistance acharnée (17-17). Et basculait en tête après une grosse
séquence du contre (17-21) pour obtenir, au courage, un sursis inespéré.
Dans
le tie-break, Lecat maintenait sa confiance aux mêmes joueurs. Kieffer
donnait le “ la ” bientôt imité par un Lotman hallucinant. En
difficulté dans les deuxième et troisième sets, l'Américain cassait
maintenant la baraque (6-2). Mais comme le BOUC se rebellait, il
fallait toute l'intelligence de jeu de Frangolacci pour garder le cap
(8-5). Dans un dernier rush, les Poitevins s'offraient une place dans
le dernier carré. Samedi prochain, ils iront défier Tours.
Olivier Lecat (entraîneur de Poitiers) : « Quand j'ai vu que
Bartik manquerait à l'appel, j'ai tout de suite dit à Dada (Pomarède)
que je n'aimais pas du tout ce genre de situation. Tout ce qu'on avait
mis en place s'est trouvé subitement modifié. Pour moi, c'est le pire
piège. Ça s'est vérifié car on l'a vraiment échappé belle. Il a fallu
puiser au fond de nos ressources et que j'ai le cran de lancer la
classe biberon. Certains ont intérêt à méditer leur manque de
stabilité. Alpha a apporté au block des solutions qui nous manquaient.
En l'espace de peu de temps, on aura réussi à hisser deux jeunes mecs
au niveau de la Ligue A.
Gabriel Denys (entraîneur de Beauvais) :
« Comme à l'aller, le match s'est joué sur des détails. L'absence de
Bartik a évidemment pesé même si on a su trouver des solutions. On n'a
pas démérité. Hélas, on n'a pas su mettre les ballons qu'il fallait par
terre. »
Les sets : 21-25 en 23', 28-26 en 30', 25-23 en 26', 22-25 en 24', 8-15 en 13'. Points marqués : 218 (104-114). Durée : 1h56' Spectateurs : 1.500 Arbitres : MM. Raguet et Vereecke Pour Beauvais 1 ace (Pinheiro), 13 contres (Juricic 4), 64 attaques (Lacassie 22), 26 fautes directes dont 12 au service. Six de départ
: Pinheiro 5, Songolo 3, Javurek 7, Nommsalu 12, Kilama 16, Lacassie
24. Libero : De Oliveira. Entrés en jeu : Juricic 11, Patin, Orszulak Pour Poitiers 4 aces, 18 contres (Lotman 4), 66 attaques (Rouzier 15), 26 fautes directes dont 12 au service. Six de départ : Boula
4, Sol 10, Kieffer 13, Marechal 10, Lotman 19 Rouzier 17. Libero :
Teixeira. Entrés en jeu : Alpha 3, Frangolacci 8, Zopie 4.
Henri Brissot LM/180410/09H45
> sur le fil (18/04/2010)
La télé n'a pas tous les droits Aucun
des quarts de finale du championnat n'était retransmis à la télévision
hier soir. Et pourtant, la chaîne Sport + avait manifesté son intérêt,
notamment pour la rencontre Beauvais – Poitiers, mais à la condition
d'avancer l'horaire du coup d'envoi à 16 h 30. Habituée à dicter sa
loi, la petite lucarne a pourtant dû aller se rhabiller. Le président
de Beauvais Joël Thiebaut a tout simplement refusé. « On ne se
voyait pas modifier nos affiches, contacter nos partenaires et
spectateurs. Cela aurait été ridicule. On préfère jouer à 20 heures
dans une salle pleine qu'à 16 h 30 devant 300 personnes. On n'allait
pas se mettre à genoux devant la télé. » Cette décision qui
embarrasse les dirigeants de la LNV, a surpris et vexé les dirigeants
de Sport + peu habitués à rencontrer ce genre de résistance. Mais quand
on ne paie pas, on n'impose pas ce qu'on veut. Regards en chiens de faïence Quelques
heures avant la rencontre, les joueurs de Poitiers et de Beauvais se
sont retrouvés nez à nez dans le même hôtel à l'heure de la collation.
Mis à part Kilama qui a échangé quelques mots avec des membres de son
ancien club, les conversations en sont restées au stade de la plus
stricte politesse. Le volley comme le foot On
s'est bousculé hier à l'Elispace pour la venue de Poitiers. 1.500
personnes ont assisté au match soit autant que la veille au stade de
football où Beauvais, qui participe pourtant à la bagarre pour la
montée en Ligue 2, accueillait Paris FC. « On fait souvent plus de monde que Poitiers », souligne Florian Kilama. Kapfer et Bengolea sur les tablettes du BOUC Xavier
Kapfer (r/a, Ajaccio) et l'Argentin Pablo Bengolea (r/a, Narbonne) ont
été approchés par Beauvais qui aimerait également bien engager le
central Romain Vadeleux. Problème : celui-ci est très sollicité.
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