Les Poitevins, qui ont droit à un joker, vont
pouvoir jouer libérés ce soir à Beauvais. Mieux vaudrait en profiter
pour que la peur ne change pas de camp. Dans ces moments cruciaux de la saison, l'équilibre des forces est
forcément précaire. Nerveux en début de rencontre mercredi, les
Poitevins ont surmonté leur angoisse puis ils n'ont cessé d'accroître
leur emprise pour finir par s'imposer nettement. Conséquence, la
pression a changé de camp.
Ce soir, les protégés de Lecat peuvent
transformer l'essai tout en sachant qu'un faux-pas n'aurait rien
d'irrémédiable. En cas d'échec, ils auront droit à une session de
rattrapage mardi à Lawson-Body. La position est confortable, encore
faut-il en tirer profit et ne pas gaspiller bêtement cet avantage. « Du coup, je me demande si on n'a pas plus de pression, s'interroge Antonin Rouzier. Mais de toute façon, s'en mettre sur le dos ne sert strictement à rien. » La
balance ne demande qu'à s'inverser. Une simple bourrasque en Picardie
et les Poitevins se retrouveront devant un match couperet à gérer. « Le mieux est d'éviter que ça se produise, balise Nicolas Marechal pas très enclin à jouer avec le feu. Sur une seule rencontre, tous les scénarios sont envisageables. » Olivier Lecat est sur la même longue d'onde. « Notre victoire de l'aller doit nous aider à ne pas être crispés et à jouer avec envie et sérénité. »
Dès
lors qu'ils parviendront à rester maîtres de leurs nerfs, les Poitevins
auront accompli une grande partie du chemin. Car si l'on se réfère à la
confrontation de mercredi, une conclusion s'impose : ils possèdent une
petite mais bien réelle marge de sécurité. « Avec un bon service, on devrait pouvoir faire plier Beauvais. C'est l'une des clés »,analyse Lecat. La
réception sera l'autre secteur à soigner. Si le trio
Teixeira-Lotman-Marechal conserve la même stabilité qu'à l'aller, Boula
n'aura plus qu'à s'en donner à cœur joie pour distribuer les caviars.
Par rapport à son homologue Pinheiro, il a l'avantage de pouvoir
s'appuyer sur une palette de possibilités innombrables. Quand Rouzier a
hérité de 23 ballons d'attaque, son vis à vis Bartik en a reçu 44 soit
près du double ! La supériorité offensive du Stade Poitevin n'a pas été
flagrante lors du premier round, c'est le moment de passer à la vitesse
supérieure. Tous les indicateurs semblent au vert avant ce quart de finale retour. « On a réussi à installer notre jeu sur toute la deuxième partie du premier match,met en avant Nicolas Marechal. On est bien parti, mais attention, les Beauvaisiens vont se lâcher. » Une prudence que partage Antonin Rouzier. «
Selon moi, la demi-finale est encore loin. Le Bouc a le même budget que
nous et d'excellents joueurs. Il ne faut pas vendre la peau de l'ours. »
Henri Brissot LM/170410/09H40
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