Les Poitevins ont été trop bousculés pour crier victoire mais ils ont assurément accompli un pas important. Le combat fut intense hier mais les Poitevins vainqueurs en trois sets ont finalement réussi à prendre une petite option sur la qualification pour les demies. Pourtant, ils ont souffert et les scores étriqués enregistrés dans les deux premiers sets indiquent clairement que les dés sont loin d'être jetés. Samedi prochain, à Beauvais, pour confirmer leur succès, il leur faudra très certainement hausser leur niveau de jeu. Sinon, tout le monde se reverra le mardi suivant.
Deux premiers sets remportés à l'arraché
Deux matchs, deux tie-break. Le troisième round ne pouvait qu'être
serré entre Poitevins et Picards. Une probabilité qui se vérifiait
rapidement avec des équipes se rendant coup et des égalités se succédant
les unes aux autres. Enfin, Poitiers héritait d'un ballon favorable
pour marquer sur son service mais la fébrilité gagnait les rangs. Le
genre d'occasion manquée qui en général n'augure rien de bon. Sur
l'échange suivant, Bartik faisait d'ailleurs exploser les mains de
Rouzier puis Marechal se trouait en réception (10-14). Heureusement, les
dieux du volley étaient poitevins dans ce premier set. Beauvais perdait
soudainement pied (22-22) et dans la foulée, Rouzier catapultait deux
aces, le second avec l'aide providentielle du filet (24-22). Si Lacassie
retardait l'échéance, Sol avait la bonne idée de surgir devant Bartik
(25-23).
Le gain du premier set ne modifiait en rien l'âpreté des
débats. Les Poitevins profitaient de plusieurs approximations
beauvaisiennes mais ils ne parvenaient pas à conserver leur maigre
avantage initial. Sous l'impulsion de Kilama déchaîné, les visiteurs
maintenaient la pression. C'est finalement à l'usure et grâce à un
contre percutant que Poitiers se rapprochait de la terre promise
(21-18). Une erreur d'arbitrage (lire ci-contre) ne les déstabilisait
pas. Après que Bartik eut effacé une première balle de set, ils
transformaient la deuxième sans le moindre effort : Pinheiro au service
étant sanctionné d'une faute de pied (25-23).
Après la pause, les
Poitevins constataient que Beauvais avait encore du jus. Un splendide
block en un contre un de Kieffer sur Songolo les plaçait tout juste aux
commandes (4-3). Rien de décisif encore. Pour le reste, c'était toujours
aussi indécis et le chassé-croisé se poursuivait. Il fallait une grosse
séquence ponctuée d'une attaque fracassante de Lotman idéalement servi
par Boula qui avait mis le contre dans le vent pour que ça se décante
doucement (8-6). Jouant en confiance, les Poitevins creusaient l'écart
sur des coups d'éclat (11-7). Nullement ébranlé, le Bouc s'accrochait
(12-11) mais se heurtait à nouveau à un block souverain (17-14). Sol sur
Bartik portait bientôt l'estocade (19-15). Cette fois, Beauvais avait
les deux genoux à terre et Poitiers ne pouvait plus être rejoint.
Henri Brissot
LM/150410/11H45
Olivier Lecat (entraîneur de Poitiers) : « C'était un vrai match
de play-off, très différent de ceux que l'on dispute en phase régulière.
Mais on a su être patients et ne pas s'agacer. On a d'abord eu quelques
soucis à résoudre des problèmes rencontrés au niveau du service.
C'était indispensable pour contrecarrer Bartik. On est restés
tranquilles, sérieux. La manière, je m'en moque. L'important était de
gagner. On a su maintenir l'avantage du terrain. Mais c'est vrai que
l'on peut beaucoup mieux jouer. Il nous faut passer ce cap des quarts de
finale pour véritablement se libérer. »
Ondrej Boula (passeur de
Poitiers) : « C'est un 3-0 très serré. On a de la réussite quand on
remporte le premier set car on était nerveux. Dans le troisième set,
Beauvais a baissé le pied mais rien n'est fait. »
Nino Pinheiro
(passeur de Beauvais) : « La différence s'est faite sur de tout
petits détails. Sur les deux premiers sets, Poitiers nous a mis la
pression au service et cela a suffi pour s'imposer notamment grâce à un
jeu rapide et une bonne distribution derrière. Nous avons encore
quelques jours pour régler ce type de problème mais c'est encore tout à
fait jouable. Perdre 3-2 ou 3-0, cela ne change pas grand-chose. »
Gabriel
Denys (entraîneur de Beauvais) : « Nous ne sommes pas passés loin,
je dirais à deux fois rien, comme les deux premiers sets. En fait,
Poitiers a élevé son niveau de jeu au service et nous n'avons pas su
tenir ces ballons. Mais attention, ce n'est qu'une victoire pour notre
adversaire, il en faudra deux. »